20 juin 2006
Ben t'acarien prend' pis c'est marre.
Que faut-il mettre dans son sac a dos lorsque l'on prepare son depart pour le Vietnam?
En premier lieu il est important de considerer un facteur essentiel, la temperature. En regardant attentivement une carte du monde, on realise assez vite que le Vietnam n'est pas un pays froid. Il suffit pour cela de se pencher sur un microscope et d'y observer les acariens qui s'y sont installes. On voit tres bien qu'ils ne portent pas de gros manteaux ni de bonnets de laine, ils sont decontractes en short et boivent des bieres aux terrasses des cafes les pieds a l'air. C'est un bon point, ils sont bien mieux lotis que ceux a quelques centimetres de la, qui ont choisi de faire la traversee du groenland en nanoluge.
Ensuite, si on regarde avec attention la marque de leurs vetements legers, en aggrandissant encore la vue dans le microscope, on constate avec effarement qu'ils ne portent pas de marque! afin de comprendre cette prise de position radicale qui les rend si marginaux aux yeux des acariens des etats unis d'amerique, on peut se rendre au cho ben thanh, un marche ou les fringues se vendent a des prix derisoires. Des marches a Ho chi minh il y en a beaucoup, ou les prix sont encore plus avantageux, mais pour l'acarien fraichement debarque qui veut s'acheter rapidement le minimum, c'est tres correct. Les T-shirt sont a 30 000 md (mini-dongs, la monnaie des acariens du Vietnam, ce qui equivaut a environs 2 md (mini-dollars, la monnaie des... bref)), les pantalons pleins de poches avec des zip pour y fourrer son argent en securite sont a 100 000 md et les micro-tongs sont a 15 000 md. Autant dire que pour ce prix la, ce n'est meme pas la peine de bourrer son sac de vetements inappropries. Non, il faut voyager leger et une fois sur place, il faut aller avec son slip et son couteau s'habiller local, c'est la meilleure chose a faire. Si vraiment l'envie de frimer est irrepressible, on peut toujours se faire quelques gateries en se payant des copies de grandes marques. La qualite ne suit pas toujours, mais on ne mange pas chez mac do en esperant etre chez Fauchon.
18 juin 2006
Considerations personnelles.
Je n'aime pas planifier mes voyages, je n'ai jamais achete de guide. Pour moi preparer mon voyage, revient en general a faire mon sac la veille du depart, a y fourrer en gros ce que j'y mets d'habitude en me demandant pourquoi je m'y consacre toujours au dernier moment et a telephoner en urgence a l'ambassade du pays ou je me rend le lendemain, pour enfin savoir si la duree de mon sejour necessite un visa ou pas. Autant dire que malgre une certaine experience des departs, j'ai toujours brille par ma capacite instinctive a la desorganisation.
Parallelement a ce defaut un brin handicapant, Je n'ai pas non plus cette envie de me plonger dans un lonely planet pour rever mon voyage avant l'heure, pour me faire une idee de mon itineraire balise par les visites recommandees, les endroits incontournables ou ceux a eviter imperativement. J'aimerais bien, mais a quoi bon me representer le voyage, me l'imaginer au point de le polir de mes prejuges, puisqu'on ne peut pas anticiper les humeurs du moment, les imponderables, les envies spontanees et les rencontres a venir. C'est dans cette part d'inconnu que resident les emerveillements prochains, justement parce qu'ils sont a decouvrir, alors vouloir cadrer son aventure avant meme qu'elle ne survienne, c'est un peu comme connaitre la fin du film avant de l'avoir vu.
17 juin 2006
Metal hurlant.
Je devorais ce magazine devenu mythique quand j'avais neuf ans, lorsque nous allions en famille, en week end chez mon oncle Pierre. Je me precipitais vers la bibliotheque, que je savais a chaque nouvelle venue un peu plus fournie et Je prenais les derniers mensuels sur la pile. J'imagine que les adultes devaient parfois debattre entre eux du probleme que ca pouvait soulever, car ces lectures n'avaient rien a voir avec les "Strange" que j'achetais chaque mois, encore moins avec Pif gadget auquel j'etais abonne. Etait-ce du a leur ouverture d'esprit ou a une forme de laxisme de leur part en matiere de suivi dans mon education? Je sais qu'ils m'en laissaient la permission en tout cas.
Dans Metal hurlant, pas de gentils chiens benets qui font pas glop, ni de gags de chansonniers au kilometre. Non dans metal, il y avait de la violence, du sexe, des aliens belliqueux (biensur) et des aventuriers incongrus parachutes dans des histoires incroyables. Je ne comprenais pas toujours tout d'ailleurs. L'incal c'est quoi, que cherche Lone Sloane, pourquoi l'enfant tronc s'appelle-t-il comme ca?... Mais la n'etait pas l'important. A neuf ans, installe, rive dans le fauteuil du salon pendant deux jours, je m'evadais vers des univers inconnus. C'etait piquant comme une soupe thailandaise, chaud et humide comme une journee au Vietnam et parfois aussi hermetique a la comprehension qu'un mode d'emploi en Japonais. Bref avec metal, je ne le savais pas encore, mais je voyageais deja.
15 juin 2006
Petite preucision.
A l'attention de ceux qui pourraient penser que je suis un faineant de premiere, dans la mesure ou je me passe des accents et des cedilles, je tiens a preciser que le clavier sur lequel je tape est celui de ma copine makiko. Elle est un petit peu japonaise comme son prenom le laisse deviner et son ordinateur aussi. Du coup, les lettres inscrites sur les touches ne reupondent pas aux speucifiteus de la langue franquaise. En revanche, je peux ecrire pleins de phrases rigolotes qui ne feront marrer que les japonais: 面で野茂方知ってろむにすとだ。 Allez, bonne lecture pour la suite.
Gratos.
Il n'y a pas qu'en France qu'on peut s'incruster parmi les convives d'un vernissage et faire semblant d'etre un invite. En Coree, ca marche aussi.
Il faut juste arriver au bon moment a la premiere d'une expo et se faufiler jusqu'a la table des petites fours en feignant un interet pour les oeuvres exposees.
En l'occurence ce mercredi, Makiko et moi sommes en ballade a Insadong, un quartier entierement dedie aux touristes. Les boutiques qui s'y succedent proposent toutes plus ou moins les habituels souvenirs locaux discretement estampilles made in Vietnam ou made in China, foulards en soie fine, eventails decoratifs, porte-monnaies en peau de zob et j'en passe. La rue principale est tres animee, les marchands de snacks et de confiseries sont postes tous les cinq metres, a l'affut du gibier innocent, concentre derriere le viseur de son appareil photo digital.
Apres avoir arpente la rue en long, en large et en travers, nous entrons dans un centre d'art.
A vrai dire, le travail des artistes ne m'emeut pas plus que ca. En revanche a tous les etages, il y a une table garnie de toutes sortes de plats et des bouquets de fleurs jouxtent l'entree de chaque exposition. Malheureusement il est seulement quatre heure de l'apres-midi, il est encore trop tot pour se ruer sur la bouffe comme un goret, tout est sous cellophane. Makiko se demande bien pourquoi je bave de frustration, elle n'est pas au fait des coutumes lors des inaugurations.
En redescendant penaud au rez de chaussee, on tombe finalement sur un buffet qui vient juste d'ouvrir. Je montre a Makiko qu'il est de bon ton de se goinffrer au frais de la princesse car le plaisir est double, tu te baffres sans scrupule et en plus c'est gratos. Enfin sans scrupule... Pour le francais mal eleve que je suis, oui.
Tout cela me renvoie a mes cheres annees d'etudes au Beaux arts, ou presque chaque semaine nous trouvions le moyen d'etre invites a un ou plusieurs vernissages quelconques. C'etait a chaque fois une nouvelle opportunite pour nous etudiants, de nous ouvrir a l'art conceptuel et aux nouvelles creations du traiteur du coin.
Apres quelques minutes et quelques miettes sur le T-shirt, un type arrive et remet a nouveau chaque assiette sous plastique. Hehehe, je viens de comprendre que les responsables en charge de cet etage se sont gravement plantes, l'heure de l'ouverture, comme je le pensais, est programmee pour plus tard!
Heureux d'avoir vraiment profite d'un moment d'egarement, nous ressortons du centre d'art en appetit et un peu allume.
Suivant mon flair parasite par les vapeurs de l'alcool, nous atterrissons par pur coincidence aux portes d'une galerie. Maintenant que nous sommes de ferus amateurs d'art, nous entrons avec le regard aiguise du specialiste qui sait differencier une croute d'un chef-d'oeuvre.
Le hasard nous propulse a nouveau en plein vernissage. C'est a peine si je jette un regard vers les peintures, mes jambes m'entrainent malgre moi vers le gratos. C'est la premiere fois que j'essaye de grapiller des petits fours avec des baguettes.
Au moment ou je viens juste de remplir mon assiette et mon verre, un mec d'une quarantaine d'annee se pointe vers moi l'air inquisiteur. "Vous faites parti des invites?" Me demande-t-il dans un anglais impeccable. Ouhala vite, il faut que je sois credible... "Heu pas exactement, mais un de mes amis americains connait l'artiste et voulait me le presenter, il m'a donne rendez vous ici aujourd'hui, je suis venu avec ma copine japonaise..." Je reste calme en picorant un truc. Il se relache soudain et me fait un grand sourire tout en m'invitant a la table. "Vous etes le bienvenu, allez-y servez vous." Je lui demande quand meme qui est justement l'artiste qui fait toutes ces belles choses et il me dit que c'est sa fille, a qui il organise sa premiere expo solo. Ahh d'accord. Je me penche avec Makiko sur les encadrements et comment dire... Ca pique un peu les yeux.
Je finis par rencontrer la fille du mec et j'apprends qu'elle a vecu a Boston avec ses parents pendant un bout de temps. C'est la bas qu'elle y a fait des etudes en illustration, medium dont elle s'est finalement detournee pour se lancer dans la peinture. En matant ses acryliques, on compatit facilement.
Ahlala, j'ai eu du bol en disant a son pere que mon pote etait americain, ca a du sonner vrai a ses oreilles, me dis-je en reprenant des cacahuetes.
La morale de cette aventure quoi qu'en pense Makiko, c'est que quelquesoit l'endroit de la planete ou l'on se trouve et quelque soit les petits fours, ils sont toujours dix fois meilleurs quand ils ont le gout du gratos!
30 mai 2006
La politique pathetique.
Cet apres-midi en remontant a l'appart, je passe comme d'habitude devant l'entree du metro Wangsimni.
La place est vide.
Sur la plateforme arriere d'un petit camion, debout sur une estrade a cote de sa photo retouchee, un type en costume gris postillonne dans un micro son discours electoral, comme s'il etait devant une foule de partisans acquis a sa cause! Il fait des effets de voix, arrangue les pigeons, on ne sait jamais ils obtiendront peut etre le droit de vote un jour, et fait des moulinets avec ses petits bras pour se donner une contenance.
c'est le bide absolu, il n'y absolument personne devant lui!
Les seuls qui l'applaudissent sont les septs jeunes habilles en bleu, qui sont censes distribuer ses tracts.
Il y a des jours ou il vaudrait mieux rester coucher.
Max.
Escapade au CGV.
Aujourd'hui, Makiko et moi allons faire un tour du cote de la station Yongsan.
Il fait un temps de chien et une des seules choses a faire est de s'abriter dans un megagigacineplex situe dans un encore plus megagigacentre commercial, le CGV. Comme on est samedi, c'est pour beaucoup de gens le jour des courses au supermarche, de la detente en troupeau, une activite pratiquee le week end dans bon nombre de pays dits civilises.
A l'affiche au cine, il doit certainement y avoir de tres bons films coreens, mais a cause de la barriere de la langue, on ne peut plus hesiter qu'entre Tom Croute et Brute Willis... Heureusement pour nous finalement, toutes les seances affichent d'ors et deja complet jusqu'a 21 heures. On laisse tomber sans regret.
Partout autour de nous, il y a plein de publicites pour un evenement en cours, le SICAF. Je realise qu'il s'agit d'un festival d'animation qui se deroule ces jours memes dans cet endroit. En feuilletant une brochure a laquelle je ne comprends strictement rien, je tombe sur un nom que je peux dechiffrer... C'est celui d'une connaissance! Je lis en petit le nom de Matthieu Sapin, un dessinateur qui etait aux arts decoratifs de Strasbourg comme moi il y a quelques annees. Sur le moment, je me dis que la surprise vaudrait le coup, mais j'y renonce assez vite. Le plan pour acceder aux stands ne ressemble a rien de connu et j'ai beau questionner le staff d'un guichet d'information qui m'envoie vers le staff d'un autre guichet d'information, personne ne parle anglais.
Je n'ai pas envie de faire subir a Makiko un parcours du combattant sans meme etre sur de le rencontrer, alors finalement on se decide a suivre le mouvement de masse, on part faire nos emplettes, comme tout le monde!
Ca en valait la peine pour le folklore deploye dans les allees. Entre les degustations de kim chi, de chocolat et de corned beef et les vendeurs qui crient pour vanter leurs produits comme dans un vrai marche, on ne savait plus ou donner de la tete.
C'etait evidemment bonde.
Je vois des gamins qui courent dans les allees en s'imaginant etre a Disneyland.
Les souvenirs de nos visites familiales dans le premier Mamouth de la region dans les annees 80, me reviennent en memoire. Leur pere fait-il l'andouille avec le caddy et leur tape-t-il la honte en pretendant etre au volant d'une formule un?
Ahh, on ne partage pas tous la meme culture et c'est tant mieux, hehehe.
Mes premiers pas dans le quartier.
L'avion avait aterri de nuit.
Je ne sais pas quel trajet avait ete le notre depuis l'aeroport, mais on avait bien roule trois quart d'heure en bus et une quinzaine de minutes en taxi pour arriver la.
Le quartier s'appelle Majan dong songdong-gu, si j'en crois le petit memo que m'a ecrit Makiko.
Sous pretexte de trouver une banque pour y echanger mes yens en wons, je pars en excursion afin de decouvrir les alentours.
C'est un quartier etudiant, l'appartement est a peine en retrait des cafes, des restaurants, des salles de jeux et des convenient store en pagaille.
J'entends au loin, une sono saturee beugler une musique de supermarche au rabais. Je quitte les petites ruelles pour rejoindre une artere principale et arrive a une intersection. Au milieu du carrefour, sur la plate bande centrale, un groupe de pom-pom girls s'agite betement devant deux vans flanques de posters electoraux. Je suis effare de la debauche ridicule mise en oeuvre pour attirer l'attention et du cocktail improbable qui en resulte. Quand la politique s'autoparodie a ce point, ca fait carrement rigoler.
La mascarade electorale ne semble vraiment connaitre de limite nulle part. Au Japon, dans un registre plus radical, ce genre d'agression publique est l'apanage de l'extreme droite. Des vehicules aux couleurs noires sillonnent les rues et proferent leurs slogans nauseabonds, a la gloire du Japon eternel. Pas besoin de comprendre la langue pour avoir envie de vomir a leur passage.
Je m'arrete dans un petit bouiboui et achete de quoi preparer un repas pour le soir. C'est mon premier veritable choc. En dehors du fait que la vieille dame ne sait pas se servir d'une calculatrice et qu'elle finit par calculer le prix sur une feuille a l'aide d'un stylo, je realise que je ne peux pas meme dire ni merci ni au revoir! En plus de ca, je ne connais pas encore la valeur de l'argent ici. Qu'elle m'aie demander 10 euros ou 100 euros ne fait aucune difference pour moi.
C'est interessant de se retrouver confronte a cela. Le souvenir de ces premiers chocs remonte a loin. lors de mes premiers voyages j'etais incapable d'aligner deux mots pour me faire comprendre, mais depuis je m'etais plutot bien ameliore en vietnamien et en japonais. Pour ne rien arranger, ce n'est pas avec les vieux que je vais taper la causette en anglais!
Je n'ai plus qu'a me mettre au coreen.
Je passe devant un distributeur et y essaye ma carte de credit. Au Japon elle ne fonctionnait que dans les postes, ici heureusement elle est acceptee semble-t-il partout.
En rentrant a l'appartement, je passe a cote de nombreuses petites bicoques etalees sur le trottoir. Ces stands minuscules proposent des snacks de toutes sortes et parfois il y a meme un comptoir auquel on peut s'attabler. je me paye trois brochettes en guise de repas. Elles ont peut etre coute 150 dollars chacune, a l'heure ou je les paye, je n'ai toujours aucune idee de la somme que j'ai verse a la commercante. Elle les emballe dans un sac en plastique noire.
De retour a l'appartement, je realise que les sacs de l'autre echope sont aussi de meme couleur. Je vais pour jeter un truc dans la poubelle, elle est recouverte d'un sac noir identique... J'entends soudain dans ma tete la voix archi reconnaissable d'un type en smoking qui met en garde l'innocent voyageur: "... Mais il ne se doutait pas qu'en poussant la porte de ce petit magasin il entrerait dans la quatrieme dimension.".
Ca y est j'y suis!
Max.
Mes premiers pas en Coree.
Je me disais, en partant pour la Coree, que j'allais y retrouver, a peu de chose pres, la meme ambiance qu'au Japon.
L'image que je m'en faisais, avait ete forge par les quelques films que j'avais vu, ceux de Kim ki duk en particulier et quelques autres dont un tres bon film d'horreur titre "The wig".
De mon point de vue d'europeen et pour peu qu'on y prete attention, la vie citadine decrite dans ces films ne differait pas de celle qu'on peut voir dans de nombreux films japonais contemporains.
Hier j'arrivais donc a Seoul, avec mes prejuges sous le bras, sans meme avoir pris conscience du voyage que je venais de faire. Le vol n'avait dure que 2 petites heures, a peine le temps d'avoir eu mes suees habituelles dues aux bruits suspects de la carlingue, au ronronnement parfois inquietant des moteurs ou aux turbulences imprevues. L'aeroport Incheon ressemblait a n'importe quel autre aeroport, j'etais dans ma routine de voyageur, a l'aise.
Makiko m'attendait.
On s'est retrouve avec bonheur, elle m'a regarde tendrement, on s'est serre l'un contre l'autre avec emotion. Ca paraissait si naturel de s'enlacer et de se parler a nouveau.
Dans le bus, j'ai evoque les experiences vecues pendant les mois passes et ma derniere entrevue avec Hitomi. Makiko m'ecoutait sans me juger, elle avait deja tant accepte jusque la. L'important, apres toutes ces epreuves, etaient qu'on soit la maintenant, a nouveau tous les deux.
Je regardais le paysage urbain defiler au dehors et rien qu'en observant brievement les gens marcher dans les rues a la nuit tombee, je realisais enfin que je n'etais plus au Japon. Les passants avaient les memes types de visages, mais ils marchaient differement, de facon plus libre. Ce n'etait qu'une impression fugitive, mais cette ambiance bien reglee, bien lisse avait disparu. En descendant du bus, j'ai aussi ressenti ce changement. Le bitume du trottoir etait un peu bossele, il y avait une poubelle eventree a trois metres et des papiers gras jonchaient le sol. Ce n'etait pas non plus aussi propre qu'il y a quelques heures. Un type bourre d'une quarantaine d'annee est passe a proximite en titubant. Il n'avait pas de costume de salary man.
Le taxi que nous avons pris pour rejoindre le quartier ou vit Makiko, filait a la parisienne, pied au plancher et ne freinaait aux feux qu'en derniere limite. La precision clinique de la consuite des taxi japonais, arborant leurs gants blancs au volant de leur mercedes noire, n'etait plus de mise non plus.
Makiko avait un peu de mal a expliquer au Chauffeur ou elle habitait, elle n'avait pas encore pris ses reperes dans cette grande ville ou a premiere vue, toutes les rues se ressemblaient. On a toujours ce sentiment quand on debarque dans un lieu inconnu pour la premiere fois.
L'appartement est plus grand que je ne le croyais. Il est situe dans un dedale de petites ruelles tranquille constellees de bars, de cafes internet et de petites echopes commercantes.
Quand Makiko a ouvert la porte, j'ai ete surpris, elle me l'avait decrit plus petit que la chambre qu'elle occupait a Ho chi minh. A l'entree, il y a pourtant une cuisine tout a fait correcte avec un grand evier et une plaque avec deux feux. La piece principale donne sur un petit balcon ou est installee une machine a laver. C'est le grand luxe!
C'est super de nous retrouver dans ce lieu, dans cette ville, dans ce pays. Nous n'y avons aucun souvenir en commun, tout est a creer.
Max.
