Max en voyage

Vietnam, Japon, Corée... Des voyages racontés avec humour et émotion. D'anécdotes en expériences, un petit tour d'horizon et d'impressions.

07 août 2006

Quatre garçons dans le vent.

Je ne suis plus en Corée depuis le 29 Juin 2006.

Je suis chez moi, en France, dans la maison de mes parents, relié au reste du vaste monde par le biais de mon courrier électronique. Je consulte mes emails chaque jour. Ce pourrait être une forme d'addiction, mais c'est surtout un choix. Comme je suis réfractaire au téléphone portable pour des raisons liées à ma préhistoire, je me tiens donc pendu à un autre fil, celui de mon ordinateur. On peut toujours me joindre, que je sois de l'autre côté de la terre ou devant le pas de ma porte.

C'est ainsi qu'il y a cinq jours, j'ai reçu le mail de quatre coréens, rencontrés dans l'avion à mon retour de Séoul. Nous avions sympathisé et comme un jour de fin de colonie de vacances, nous nous étions échangés nos adresses au moment de nous quitter. Ce matin là, à l'aéroport de Roissy, ils mettaient pour la première fois le pied en France, pour un tour d'Europe en 40 jours. Sachant qu'ils allaient prendre possession de leur voiture de location au sortir de l'avion, j'eu une pensée ému pour leur conducteur. Après 12 heures dans les nuages, l'aîné du groupe, le seul à avoir une assurance, allait faire son baptême de la route en région parisienne, dans le maelström de ses échangeurs, dans le gloubi boulga de ses bretelles d'autoroutes et le bordel organisé vers ses voies d'accès saturées.

David, James, Wien et cobe (Ils portent bien sûr tous les quatre un prénom et un nom coréen, mais comme aucun étranger ne parvient à s'en souvenir correctement, ils se présentent toujours sous un prénom d'emprunt), m'ont rappelé à leur bon souvenir, alors qu'ils étaient en Italie, à Pise. Comme nous en avions convenu dans l'avion, j'ai réitéré mon invitation. Un deuxième mail m'est parvenu de Arles, m'avertissant de leur arrivée. Le 04 Août en fin d'après midi, je voyais leur 307 se garer devant la maison.

En 12 heures de vol, on avait eu le temps de bien bavarder, mais en vérité nous ne nous connaissions pas. C’était amusant de voir débarquer quatre types, de qui mes parents et moi avions tout à découvrir. D'abord nous leur avons offert un coin de jardin pour qu'ils y plantent leur tente. Ensuite je leur ai proposé une balade en ville vers la cave à vin la plus proche, histoire de nous mettre tous sur un même pied d'égalité. Après cinq verres de dégustation et des couleurs qui faisaient plaisir à voir, on est tous rentrés en courant sous une pluie battante. Ensuite ils ont pris leur douche, tous ensemble comme les joueurs d'une équipe de rugby. C'est que deux ans de service militaire obligatoire, forgent les esprits masculins à la vie en communauté, et pas seulement. L’amitié y gagne en solidarité et le physique en musculature. Quand on se balade dans les rues de Séoul, c'est un peu comme si l’on déambulait dans les coulisses d’un tournage de sitcom. Les garçons âgés de plus de 25 ans sont tous taillés en V.

Finalement après le repas, on s’est dit qu’ils seraient mieux à l’intérieur et on leur a préparé des chambres. Ils étaient ravis.

Le lendemain, ils ont donné un coup de main pour la découpe d’une ouverture dans le béton cellulaire du couloir. Ca a donné lieu à une bonne poilade vu que chacun s’y prenait avec une technique au style personnalisé. Photos à l’appui, force est de reconnaître que la main d’œuvre asiatique est toujours exploitée de par le monde.

montage_1

Suite à cet interlude révoltant, j’ai joué au guide en les emmenant dans quelques boutiques du terroir et en leur faisant voir les villages alentours. Ils se demandaient s’ils arriveraient jamais à rencontrer une européenne. Ils pensaient qu’elles ne s’intéressent pas aux asiatiques. C’est vrai que les hommes dans le cas des couples mixtes, sont plus souvent des occidentaux, mais l’inverse n’est pas une exception pour autant. J’essayais de les rassurer tout en réalisant moi-même que c’était bien la première fois que j’accueillais des garçons chez moi, alors que tant de Japonaises y avaient déjà été invitées.
Le soir venu, c’est eux qui se sont proposés pour cuisiner. Nous avions été faire des courses dans un supermarché dans l’après midi, mais ils avaient déjà avec eux tout un set de produits coréens. Des sauces, une préparation en poudre pour une boisson dont j’ai oublié le nom et même du kim chi, la spécialité culinaire de leur pays.

montage_deux

Ils ont investit la cuisine et ont assuré comme des bêtes. Ils nous ont fait des mets typiques que je vais massacrer avec une orthographe inappropriée : pulkogi, bibimbap et des omelettes au calamar. Pour un soir la maison s’était transformée en restaurant coréen.

montage_2

Avant de se coucher, ils sont allés piocher des BD érotiques dans la bibliothèque, comme la veille d’ailleurs. N’allez pas en déduire que les Coréens sont des érotomanes avertis, bien au contraire. En fait, je me doutais qu’en leur montrant l’accès à cette partie de ma collection, ils s’y intéresseraient pour une double raison. D’une part parce que nul homme ne résiste au plaisir de se plonger dans ce genre de littérature illustrée et d’autre part, parce que chez eux ce genre d’ouvrage est interdit. David a particulièrement apprécié « Fraises et chocolat » de Aurélia Aurita, tandis que les autres se sont tournés vers les « morbus gravis » et « la fleur amoureuse » de Cadélo.

montage_4

Le troisième jour, nous les avons aidé à tracer leur itinéraire jusqu’à Paris. A midi, valeur sûre entre toutes, le poulet frite a fait fureur. Nous, on était super content de leur visite, on avait passé trois jours avec quatre mecs super sympas, curieux de tout et très intéressants. Eux nous ont dit que de leur voyage et ses 8000 Kms, après avoir traversé la Hollande, la Tchécoslovaquie, la Suisse, l’Italie et la France, c’est de ces trois jours dont ils se souviendraient le plus. Et n’en déplaise aux modestes, je veux bien les croire.
Je veux bien les croire, puisque c’est ce que je retiens moi-même de mes voyages.
La chance de pouvoir être accueilli par une famille, de vivre sous le même toit que des Japonais, des vietnamiens ou n’importe qui d’autres qui vous ouvre les portes de sa maison dans le pays que vous traversez, est inestimable.
Et si en plus ils ont des livres érotiques, alors là, c’est carrément l'extase.

Posté par maxenvoyage à 17:19 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

lu, suite a ton mail , je decouvre ton blog et ta vie !! trop marrant, v le relire depuis le debut...moi si jecrivai un blog ça donnerai : lundi, je bosse et le soir je joue aux jeu video, mardi je bosse et le soir je joue aux jeux video, mercredi je recois des facture,je m'en bas les couille je bosse et le soir je joue aux jeux videos, jeudi.......enfin tas comrpis quoi lol!!!
a+++++++++++++++++++

Posté par david vogel, 08 août 2006 à 08:37

RESTO DU COEUR

"RESTAURANT PEROZ ET FILS"
Le seul restaurant où les clients font la cuisine...

Posté par benoaperou, 11 août 2006 à 22:50

yeah !

trop top le concept ! :)

Posté par did, 28 octobre 2007 à 03:21

beaute

je veux parler avec vous

Posté par ne3mat, 09 avril 2008 à 22:33

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